La cour des comptes à Libreville Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Le 7 octobre 2026 expirait le délai accordé à près de 600 débiteurs de l’État gabonais pour régulariser leur situation. Ce 6 novembre, 30 jours se sont écoulés depuis l’expiration de l’ultimatum. On connaît le montant annoncé. On attend le montant encaissé.
1 700 milliards de FCFA réclamés, combien encaissés ?
Le 7 septembre, Alex Euv Moutsiangou, alors premier président de la Cour des comptes, a fait état de près de 1 700 milliards de FCFA de débets et d’amendes accumulés sur plusieurs décennies. Parmi les débiteurs figureraient d’anciens responsables publics, des gestionnaires de crédits, des comptables publics et des entreprises privées.
À l’annonce, le chiffre était assez précis pour frapper les esprits. À l’heure du bilan, l’État doit répondre avec la même précision. Combien de débiteurs ont payé ? Combien ont versé une partie de ce qu’ils doivent ? Quel montant est entré dans les caisses de l’État ? Quelles démarches ont été engagées pour récupérer le solde ?
Ce que le Trésor a reçu
Le premier chiffre à publier est celui des versements encaissés. Le deuxième est celui des sommes qui restent à recouvrer. Entre les deux, il faut distinguer les paiements partiels, les échéanciers éventuellement accordés et les dossiers dont l’exécution se heurte encore à un obstacle. Un débiteur peut avoir répondu dans le délai, obtenu un échéancier et n’avoir encore versé aucun franc. Le bilan doit permettre de faire la différence.
Les Gabonais ont aussi le droit de savoir quelles suites ont été données aux décisions restées sans effet. Quels dossiers ont fait l’objet de mesures de recouvrement ? Qu’est-ce qui empêche l’exécution de certaines décisions ? Si des créances anciennes sont devenues difficiles à récupérer, que l’administration le dise et qu’elle en chiffre le montant. On pourra alors juger les résultats sur pièces.
Le dossier reste ouvert
Le 16 septembre, neuf jours après son annonce, Alex Euv Moutsiangou a quitté la première présidence de la Cour des comptes. Nommé conseiller au Secrétariat permanent du Conseil supérieur de la magistrature, il a été remplacé par Pamphile Moussavou Ibouanga. La proximité des dates ne suffit pas à établir un lien entre ce changement et l’opération de recouvrement.
La nouvelle équipe hérite du dossier. La Cour des comptes peut rendre compte des suites données à ses décisions. Les services chargés du recouvrement peuvent, eux, dire combien le Trésor a reçu. C’est ce bilan que l’on attend, avec des chiffres arrêtés à une date précise et des explications sur les dossiers en suspens.
Lorsqu’il demande des comptes à un débiteur, l’État sait fixer un montant et une échéance. Il peut faire preuve de la même précision lorsqu’il rend des comptes aux Gabonais.
Le délai est passé. Que l’État montre les quittances.