Affaire marché CTRI d’Oloumi : après la colère des commerçantes, Eugène M’ba sort du silence
Le maire de Libreville Eugène Mba Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Une vidéo virale, des commerçantes en colère et une réunion d’urgence à la mairie. Selon une publication sur la page Facebook de la mairie de Libreville, Eugène M’ba a reçu, le jeudi 29 octobre 2026, les représentants du collectif des commerçants du marché CTRI d’Oloumi. Si la municipalité avance ses explications, plusieurs questions demeurent sur les circonstances des actes de casse dénoncés et sur la gestion de cet espace commercial.
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Suivre la vidéo sur la sortie des commerçantes
La polémique a fini par atteindre l’hôtel de ville. Après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo relayant la colère des commerçantes du marché CTRI d’Oloumi, le maire de Libreville, Eugène M’ba, a convoqué une réunion d’urgence avec les représentants du collectif concerné.
Autour de la table figuraient notamment le premier adjoint au maire, Jean-Jacques Kangué, le troisième adjoint au maire, Issa Malam Salatou, assurant l’intérim du deuxième adjoint, Juste Roméo Mouyopa, plusieurs responsables municipaux, la responsable du marché, Hortense Joëlle Nse Mvie, ainsi que Bachir, un opérateur économique partenaire intervenant dans le secteur de l’environnement des marchés.
L’objectif affiché était de clarifier la situation et d’apaiser les tensions. Mais au-delà de cette rencontre, une question demeure : comment un marché destiné à faciliter les activités des commerçantes a-t-il pu devenir le théâtre d’une telle contestation ?
La mairie s’explique, les faits restent à éclaircir
Selon les explications rapportées par la mairie de Libreville, les travaux à l’origine de la controverse ne visaient pas une appropriation personnelle de l’espace. Il s’agissait, affirme la municipalité, de mettre un box à la disposition de la Direction des Affaires sociales (DAS), afin d’y entreposer temporairement du matériel destiné aux festivités de Noël 2026.
Cette justification expose la position officielle de la municipalité. Elle ne suffit toutefois pas, à elle seule, à répondre à toutes les interrogations soulevées par les images diffusées sur les réseaux sociaux.
Quels travaux ont précisément été réalisés ? Dans quelles circonstances les actes de casse dénoncés se sont-ils produits ? Qui a donné les instructions et sur quelle base ? Les commerçantes concernées avaient-elles été informées au préalable ?
Autant de questions qui appellent des réponses précises pour éviter que cette affaire ne se résume à un simple échange d’explications entre responsables municipaux et représentants des commerçants.
Des marchés pour les commerçantes, mais avec quelles garanties ?
Le maire Eugène M’ba a rappelé que le marché CTRI d’Oloumi avait été construit pour répondre aux difficultés récurrentes rencontrées par les commerçantes pour obtenir des places dans les marchés de la commune.
La municipalité met également en avant la nécessité d’offrir aux acteurs économiques des espaces adaptés à leurs activités et d’assurer une gestion efficace des recettes municipales. Elle rappelle, par ailleurs, que ces marchés sont destinés, conformément aux orientations présidentielles qu’elle invoque, à être occupés exclusivement par des Gabonaises et des Gabonais.
Mais construire un marché ne suffit pas. Encore faut-il garantir des règles de gestion claires, des responsabilités bien définies et une communication efficace avec les personnes qui y exercent leurs activités.
Les commerçantes ne sont pas de simples occupantes d’espaces municipaux. Elles sont aussi des actrices économiques dont les activités et les revenus dépendent directement des conditions dans lesquelles ces marchés sont administrés.
Dès lors, toute intervention sur un espace commercial doit pouvoir être expliquée, justifiée et menée dans des conditions compréhensibles pour les personnes concernées.
Apaiser les tensions ne dispense pas de faire la lumière
La réunion organisée par Eugène M’ba constitue une tentative de désamorcer la crise. Reste à savoir si les échanges permettront d’établir précisément les responsabilités, de répondre aux préoccupations des commerçantes et de prévenir de nouveaux incidents.
Car, dans cette affaire, l’enjeu dépasse le seul box destiné au stockage du matériel des festivités de Noël. Il touche à la transparence de la gestion municipale, aux relations avec les partenaires économiques et à la prise en compte des droits et des intérêts des commerçants.
Pour l’heure, les explications de la mairie constituent la version officielle des faits. La position détaillée des commerçantes concernées, ainsi que des précisions sur le rôle du partenaire économique impliqué, restent nécessaires pour compléter le tableau.
Au marché CTRI d’Oloumi, le retour au calme ne saurait durablement remplacer la nécessité de comprendre ce qui s’est réellement passé.

