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Pompes funèbres à Libreville : Casep-Ga annonce l’inhumation prochaine de plus de 100 corps à titre d’indigents


Pompes funèbres à Libreville : Casep-Ga annonce l’inhumation prochaine de plus de 100 corps à titre d’indigents

La société Casep-Ga à Libreville Credit:© 2026 D.R./Le Radar

À Libreville, le phénomène d’abandon de corps dans les pompes funèbres refait surface et suscite de vives préoccupations. Face à cette situation, la société Casep-Ga a lancé, en mars dernier, un appel dans les colonnes du quotidien L’Union, invitant toute personne à la recherche d’un proche disparu à se manifester.

Depuis janvier 2024, plusieurs corps restent sans réclamation au sein de cette structure spécialisée. Une réalité préoccupante qui met en lumière des difficultés à la fois sociales et administratives.

Selon le juriste-conseil du Groupe Casep-Ga Karl Fosters Mouba, au cours d’un entretien hier, « les corps conservés dans nos locaux remontent à 2024 » , explique-t-il.

L’abandon de corps par les familles est principalement dû à des contraintes financières majeures, les empêchant d’assumer les frais liés aux obsèques, et ce, malgré les mesures d’accompagnement mises en place par l’entreprise. À cet égard, la direction commerciale de Casep-Ga a consenti à des remises supérieures à 75 % pour inciter les familles démunies à organiser les funérailles, dans le cadre de sa responsabilité sociétale.

Par ailleurs, certains corps proviennent de repêchages consécutifs à des noyades ou de décès survenus dans des conditions rendant toute identification impossible, plusieurs étant déjà en état de décomposition avancée.
À ce jour, l’administration évoque « plus d’une centaine » de corps non réclamés, un chiffre jugé significatif. Malgré la diffusion de l’avis public, aucune famille ne s’est manifestée. « Nous n’avons enregistré aucune visite de personnes à la recherche d’un parent ou d’un ami » , regrette le juriste-conseil.

Ces corps abandonnés occupent une place importante dans les chambres froides, contraignant parfois l’administration à refuser de nouveaux dépôts par manque d’espace.

« La date butoir pour procéder aux identifications est fixée au 30 avril. Passé ce délai, nous engagerons les formalités d’usage relatives à l’inhumation à titre d’indigents, sous la supervision du parquet de la République, du ministère de la Santé et du ministère de l’Intérieur » , précise Casep-Ga.

Une vue de l’atelier

Sur le plan légal, l’entreprise assure, par l’entremise de son service juridique, que les procédures relatives à l’inhumation des indigents, telles que prescrites par le décret n° 00706, sont scrupuleusement respectées.
Dans ce cadre, une séance de travail avec les services du parquet s’est tenue mardi dernier afin de garantir un haut niveau de conformité juridique.

Conformément au décret n° 00706/PR/MI du 16 juin 1976, portant réglementation des opérations d’inhumation, d’exhumation, de transfert des corps, du service des pompes funèbres et de la thanatopraxie, ainsi que des cimetières et lieux de sépulture, plusieurs institutions sont impliquées, notamment le parquet, le ministère de la Santé et les autorités municipales.

Malgré les efforts consentis par l’entreprise, notamment à travers la réduction de certains coûts pour accompagner les familles, la situation demeure préoccupante. Entre précarité financière et décès survenus dans des conditions rendant toute identification difficile, les causes de ces abandons restent profondément ancrées dans des réalités sociales complexes.

Forte de plus de trente ans d’expérience, Casep-Ga, entreprise agréée par les ministères de la Santé et de l’Intérieur, rappelle que l’empathie et l’accompagnement des familles restent au cœur de sa mission.

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