Hommage / LUMIÈRES VIVES SUR LA PROFESSEURE ELISABETH OYANE-MÉGNIER : La Parole d’une Étoile éternelle
Professeure, Élisabeth OYANE-MÉGNIER (16 juillet 1963 – 21 janvier 2026) Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a été profondément endeuillé le 21 janvier 2026, avec la disparition d’une grande figure : la professeure Élisabeth OYANE-MÉGNIER
(16 juillet 1963 – 21 janvier 2026).
En tant qu’Enseignante et Chercheuse ayant longuement exercé au Gabon, elle laisse derrière elle une empreinte indélébile.
l’Université Omar Bongo perd en elle, un pilier majeur de son rayonnement scientifique à l’échelle internationale.
Les hommages officiels rendus le 13 février 2026 ont été à la hauteur de son immense contribution scientifique en présence du Ministre de l’Enseignement Supérieur, du Recteur de l’Université, du Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, ainsi que du Directeur du Département d’Études Ibériques et Latino-Américaines
Tour à tour, ces Hautes Personnalités ont salué une Enseignante et Chercheuse, d’exception : une pédagogue rigoureuse, une Enseignante Chercheuse, ayant formé plusieurs générations d’Étudiants. Certains d’entre eux ayant emprunté sa voie scientifique et intellectuelle : en devenant grâce à leur travail acharné, des Universitaires chevronnés, des Enseignants et Chercheurs respectés.
Une Africaine Ambassadrice du savoir universel
Lors des colloques internationaux, la Professeure OYANE-MÉGNIER, portait haut la voix du Gabon et de l’Afrique. Ses interventions, à la fois profondes et accessibles, faisaient d’elle une figure écoutée dans les grands débats scientifiques.
Ses travaux, ancrés dans une démarche rigoureuse, ont contribuéà mieux comprendre les liens entre l’Afrique et les Amériques, notamment à travers la mise en évidence des liens culturels indéfectibles témoignant de la coappartenance au même peuple des Africains d’Afrique centrale parlant des langues dites bantu et les Afrodescendants issus du même moule culturel et civilisationnel
La Pre Élisabeth OYANE-MÉGNIER
Un parcours académique exemplaire
Née à Oyem, dans le Nord du Gabon, et originaire de Minvoul, Élisabeth OYANE-MÉGNIER, a effectué ses Études Supérieures à l’Université Omar Bongo avant de les poursuivre à l’Université de Perpignan.
Elle obtiendra en 1997, le Doctorat Nouveau Régime. Elle choisit d’enseigner d’abord au Lycée National Léon Mba, où elle se distingue par son exigence intellectuelle, sa modestie et sa capacité à susciter chez ses élèves le goût du savoir.
Elle rejoint ensuite l’Université, où elle mènera une carrière remarquable : au Gabon en très grande partie, mais aussi en France.
2005 : Maître-assistant CAMES
2014 : Habilitation à diriger les recherches (HDR)
2017 : Maître de conférences CAMES
Son ouvrage qui fait date, publié en 2013 s’intitule :
CUENTOS NEGRIS DE CUBA :
Aux sources de l’identité Bantu.
Il s’agit d’une contribution scientifique essentielle dans la compréhension de la continuité culturelle et historique entre l’Afrique et les Amériques.
Une Pensée scientifique structurée et audacieuse
Les Recherches de la Pre Élisabeth OYANE-MÉGNIER s’inscrivent dans un champ heuristique exploré par des Figures illustres telles Robert Farris Thompson ou Sheila S. WALKER. Mais la Grande Chercheuse Gabonaise a réussi à innover : en apportant une lecture originale, fondée sur l’analyse de l’oralité et des symboles culturels africains.
Elle met notamment en évidence deux éléments centraux :
’D’abord ’el monte’’ (la montagne) : symbole du refuge qui rend possible la sauvegarde de la culture menacée par les oppresseurs. C’est aussi le symbole de la résistance armée
Ensuite, la tortue, figure de sagesse dans les cultures d’Afrique centrale.
La présence des Peuples originaires d’Afrique centrale parlant des langues dites bantu, dans les Amériques. Les Afrodescendants de Cuba n’étant ici, qu’un exemple parmi tant d’autres.
Une vision scientifique globale
Dans la lignée des réflexions portées par l’UNESCO, elle défendait une approche pluridisciplinaire pour parvenir à la restitution de l’Histoire Africaine en sa vérité : en intégrant traditions orales, données anthropologiques, enseignements de la linguistique, témoignage de l’égyptologue et
artefacts datés issus des fouilles archéologiques en Afrique centrale.
La Pre OYANE-MÉGNIER s’inscrivait également, par certains de ses aspects, dans le sillage des travaux de Ivan Van Sertima, en explorant les possibles interactions anciennes entre l’Afrique et les civilisations précolombiennes.
Un Héritage scientifique à préserver
Jusqu’à ses derniers mois passés avec la Communauté Scientifique Gabonaise, la Pre OYANE-MÉGNIER poursuivait encore des recherches innovantes. Ayant effectué un séjour de recherche scientifique à Cuba, elle envisageait déjà d’y retourner : afin d’enrichir les informations qu’elle avait pu glaner lors de son passage qu’elle aurait voulu beaucoup plus long. Mais impossible de faire mieux en termes de durée pour elle, qui vivait toujours mal, le fait d’être loin de ses Étudiants. l’Éminente Enseignante du Supérieur n’hésitait pas à dire que c’était pour elle, un véritable déchirement interieur.
Pourtant l’Excellente Chercheuse Africaine avait aussi à cœur de confirmer sur le terrain, à partir de ses propres travaux scientifiques : l’existence de la conscience identitaire d’ascendance africaine centrale
L’œuvre de la Très Estimée Pre OYANE-MÉGNIER, encore en partie inédite.
Une disparition, une permanence
Le monde académique perd une intellectuelle de premier plan, une chercheuse rigoureuse et une pédagogue passionnée.
Mais son œuvre demeure.
Professeure Élisabeth OYANE-MÉGNIER , par la profondeur de tes analyses, la force de ton engagement et la trace que tu laisses dans les esprits, tu inscris ton nom dans la mémoire durable de la science africaine.
Jean Bedel MABIKA,
Philosophe, Savant Physicien théoricien, Historien, Intellectuel, Auteur.
